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Le chamanisme au quotidien 2/2


De quoi est faite une semaine chamanique ?

À quelle fréquence je voyage au tambour ?Dans chacun de mes gestes, les rites d’une longue lignée de chamans sont-ils censés transparaître ?


Je me suis longtemps posé ces questions en observant mes pairs, cherchant une forme de validation, une posture juste, peut-être même une voie toute tracée. Il m’a fallu du temps pour comprendre que la voie animiste — celle des esprits, du vivant et du lien à la nature — n’avait que peu à voir avec les images spectaculaires de mes films de jeunesse, et encore moins avec l’amalgame ésotérique souvent véhiculé par le New Age.


J’ai dû déconstruire un imaginaire nourri d’attentes irréalistes, de magie tapageuse et de pouvoirs fantasmés. Dès mes premiers voyages chamaniques, les esprits m’ont offert, avec beaucoup de justesse, de profondes leçons d’humilité.


Nous ne sommes ni grands, ni puissants.Nous sommes de petites virgules nichées au cœur d’un texte immense, une couche sédimentaire parmi tant d’autres dans l’histoire de l’univers. Lors de notre passage sur cette Terre, tout nous est prêté : rien ne nous appartient vraiment. Ce qui nous est confié, prenons-en soin, afin que d’autres puissent, à leur tour, en bénéficier.


Si nous ne sommes pas grands, nous pouvons en revanche devenir lumineux. Briller non par des exploits extraordinaires, mais par la qualité de nos actes quotidiens. Chercher, dans chaque situation, l’occasion de vivre en paix avec le monde.


Faire de la confiture de coings avec mes proches est tout aussi essentiel que partir en quête de vision. Le chamanisme du quotidien est une aventure longue et discrète, jalonnée de gestes simples : des caddies remplis de courses, des enfants à récupérer à l’école, des amis à accompagner à l’hôpital.


Et entre ces moments ordinaires, il y a les arrêts sur image :les rêves de la nuit à écouter,les voyages au tambour,les soins de l’âme à offrir à celui ou celle qui en a besoin.

Nous ne sommes presque rien.Et pourtant, chacun de nous vaut tout l’or du monde.

 
 
 

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